Damien Hirst: L’icône de l’art contemporain britannique

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Amalle Dupuy

Fondatrice AMAL Gallery

Publié le 4 mars 2024

Damien Hirst, né en 1965 à Bristol, est une figure emblématique de l’art contemporain britannique. Cet artiste contemporain provocateur, connu pour son usage audacieux de matières comme les mouches ou les crânes, a marqué la scène artistique avec des œuvres aussi fascinantes que controversées. Que ce soit à Venise au Palazzo Grassi ou à la galerie Gagosian, son travail, comme la série “Cerisiers en fleurs” présentée à la Fondation Cartier, ne laisse personne indifférent.

Damien Hirst : biographie et évolution artistique

De Bristol à la scène artistique de Londres

Natif de Bristol, Damien Hirst déménage à Londres au début des années 1980. Il travaille d’abord dans le bâtiment avant d’intégrer le Goldsmiths College pour y suivre des études artistiques. C’est durant cette période qu’il commence à réaliser des peintures pointillistes et des sculptures utilisant des techniques mixtes. Son passage à Leeds durant son enfance et son immersion dans la scène artistique londonienne ont fortement influencé son œuvre.

Les Beaux-Arts : une formation fondamentale

Comme l’indiquent les sources consultées, Damien Hirst a obtenu son diplôme en Beaux-Arts au Goldsmiths College entre 1986 et 1989. Cette période a été fondamentale dans le développement de son approche artistique. Les Beaux-Arts offrent une formation complète et diversifiée, permettant aux étudiants d’acquérir des compétences dans divers domaines tels que la peinture, la sculpture, le dessin et les installations.

Au cours de sa formation, Hirst a commencé à expérimenter avec des techniques mixtes et à réaliser des peintures pointillistes. Il a également commencé à se faire un nom sur la scène artistique londonienne, notamment en organisant des expositions. Cette formation a permis à Hirst d’acquérir une solide base technique, tout en encourageant son esprit d’innovation et son penchant pour la provocation.

Damien Hirst jeune – AMAL Gallery Art Blog

Le mouvement des Young British Artists

Le mouvement des Young British Artists (YBA) est né à la fin des années 1980, avec des artistes comme Damien Hirst au premier plan. Ce groupe d’artistes contemporains britanniques, est connu pour son approche audacieuse et provocante de l’art.

  • Ils se distinguent par leur utilisation de matières inhabituelles, comme les animaux découpés par Hirst.
  • Ils ont également organisé leurs propres expositions, souvent dans des endroits non-conventionnels comme des entrepôts, lançant une nouvelle dynamique dans le milieu artistique britannique.
  • Ils ont dominé la scène artistique britannique dans les années 1990, recevant une large couverture médiatique.

C’est donc dans ce contexte que Damien Hirst s’est affirmé en tant que figure majeure du mouvement YBA.

David Bowie, Damien Hirst et Julian Schnabel – 1996 – New York – AMAL Gallery Art Blog

L’ascension d’un artiste provocateur

Dans la dynamique du mouvement YBA, Hirst se distingue par son audace et son originalité. Il crée des œuvres qui confrontent le spectateur à des questions existentielles, mêlant l’art, la vie et la mort. Cette approche provocante lui vaut une ascension rapide. En 1995, il remporte le prestigieux Prix Turner, établissant sa réputation en tant qu’artiste majeur de sa génération. Il est également reconnu en 2005 et 2008 comme la « personnalité la plus influente de l’art contemporain » par le magazine ArtReview. Hirst continue d’explorer des thèmes audacieux tout au long de sa carrière, dont l’expérience humaine et la relation entre art, science et religion. Grâce à ses œuvres audacieuses et controversées, Hirst s’impose comme l’un des artistes les plus célèbres de sa génération.

Damien Hirst provocateur ? 1991 – AMAL Gallery Art blog

Les œuvres d’art controversées de Damien Hirst

Les cadavres d’animaux : une signature artistique

Damien Hirst est connu pour la place centrale qu’occupent les cadavres d’animaux dans son œuvre artistique. À partir de 1991, dans le but de rendre l’art plus réel, il a commencé à utiliser des cadavres d’animaux tels que des cochons, des vaches, des moutons, des requins, des tigres, entre autres. Les animaux, parfois coupés en deux, étaient plongés dans le formol et présentés dans des aquariums. Très controversée, cette série d’œuvres lui a valu une renommée internationale, malgré les nombreuses critiques qu’elle a suscitées. Ses détracteurs l’accusent de traiter les animaux comme des objets de divertissement et de ne pas respecter leur vie.

La vache et le requin en formol

Damien Hirst a fait sensation avec deux œuvres marquantes : une vache et un requin conservés dans du formol. “The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living” est probablement son œuvre la plus controversée. Il s’agit d’un vrai requin de cinq mètres de long conservé dans une solution de formaldéhyde, présenté pour la première fois en 1992 à la galerie Saatchi. Son autre œuvre notable avec du formol est une vache, souvent coupée en deux pour révéler les organes internes. Ces œuvres macabres sont le reflet de l’obsession de Hirst pour la mort et la décomposition, et ont alimenté de nombreux débats sur le respect de la vie animale dans l’art contemporain.

Vache et requin conservés dans du formol – Damien Hirst – 1995 et 1991 – AMAL Gallery Art Blog

“Away from the flock” : le mouton emblématique

Dans la lignée de ses œuvres controversées, Damien Hirst crée en 1994 “Away from the Flock”, une œuvre marquante présentant un agneau plongé dans le formol. Ce mouton perdu, éloigné du reste du troupeau, est un symbole fort que l’on associe souvent à la religion, en particulier à la chrétienté. En effet, l’expression “quitter le troupeau” se réfère généralement à l’abandon de la protection de l’église. L’utilisation du formol par Hirst, initiée en 1991 à la demande de Charles Saatchi, est devenue une signature de ses œuvres, malgré les controverses qu’elle suscite. En effet, il a été récemment constaté que des œuvres comme “Away from the Flock” sont potentiellement dangereuses pour la santé en raison d’un niveau d’émanation de formaldéhyde au-dessus de la limite recommandée.

Away from the flock – Damien Hirst – 1994 – AMAL Gallery Art blog

Les séries de tableaux et les installations de Damien Hirst

Les pois de couleur alignés : une esthétique récurrente

Damien Hirst est particulièrement reconnu pour sa série de tableaux intitulée “Spot Paintings”. Cette série, qui débute en 1986, comprend plus de 300 œuvres, toutes représentant des pois de couleur alignés sur des toiles de dimensions variées. Les consignes données par Hirst à ses assistants, qui sont en charge de la réalisation, sont précises : ne pas répéter une couleur dans le même tableau.

Chaque “Spot Painting” est constitué de pois parfaitement alignés, de même taille, et séparés par des espaces égaux. Les couleurs vives et variées des pois contrastent avec le fond blanc de la toile, créant une impression de mouvement et de profondeur.

Ces œuvres sont l’expression de l’approche conceptuelle de Hirst, qui cherche à éliminer toute trace de présence humaine dans ses tableaux. En effet, l’artiste a déclaré à propos de cette série : “J’aime l’idée d’une peinture pour laquelle personne ne peut être crédité”.

Les “Spot Paintings”, par leur simplicité et leur rigueur, sont devenues une des signatures emblématiques de Damien Hirst.

Les cerisiers en fleurs : une nouvelle série

La série “Cerisiers en fleurs” marque un nouveau tournant dans la carrière de Damien Hirst. Réalisée après trois années de travail, elle a été achevée en novembre 2020, en pleine période de confinement. Cette série compte 107 tableaux monumentaux, une ampleur qui rend hommage aux grands mouvements artistiques du 19ème et du 20ème siècles, comme l’impressionnisme et le pointillisme. Les œuvres de cette série, exposées à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, sont considérées comme une véritable explosion de couleurs. Elles réinterprètent avec une ironie joyeuse le thème classique des cerisiers en fleurs, symbolisant le renouveau et l’éphémère beauté de la nature. Parmi ces tableaux, deux font directement référence au Japon : “Hanami Blossom” et “Sakura Life Blossom”.

“Treasures from the wreck of the unbelievable” : une œuvre immersive

L’exposition “Treasures from the wreck of the unbelievable” est une autre réalisation phare de Damien Hirst, présentée à Venise en 2017. Décrite comme son projet le plus ambitieux, elle a mis dix ans à se concrétiser. L’exposition comprenait 189 objets en bronze, marbre, argent massif ou résine peinte, prétendument récupérés d’une épave fictive. Ces objets étaient présentés comme envahis par des coquillages, des algues et des concrétions de corail.

Cette œuvre immersive, déployée sur environ 5000 mètres carrés, a créé une expérience de réalité basée sur une fiction et une légende. Le but était de construire un univers de merveilles marines, mêlant mythes, légendes anciennes, récits connus et références contemporaines.

Le public était invité à se plonger dans cet univers fantastique, en parcourant les deux sites vénitiens du collectionneur François Pinault : la Punta della Dogana et le Palazzo Grassi.

La démesure de l’exposition a même éclipsé la Biennale d’art contemporain de Venise, preuve de l’impact et de l’audace de l’artiste britannique.

L’œuvre emblématique : “For the love of god”

Le crâne incrusté de diamants

L’œuvre “For the Love of God” a été créée en 2007. Cette sculpture célèbre est une réplique d’un véritable crâne humain recouvert de platine et incrusté de 8 601 diamants.

For the Love of God – Damien Hirst – 2007 – AMAL Gallery Art Blog

Malgré des rumeurs de vente à 100 millions de livres, Damien Hirst a finalement admis en 2022 que l’acquisition n’avait jamais abouti. Cette polémique n’a cependant pas nui à la notoriété de l’œuvre, qui reste une pièce phare du parcours artistique de Hirst.

Ce crâne en diamants a également été exposé dans des lieux prestigieux comme la Tate Modern à Londres et le Rijksmuseum d’Amsterdam.

Symbolique de l’œuvre : vie et mort

Dans le contexte de son œuvre, “For the Love of God” s’inscrit dans la tradition des vanités, un genre pictural qui allégorise la mort et le passage du temps. L’œuvre explore les différentes dimensions de la mort – clinique, symbolique et spirituelle. Le crâne, symbole universel de mortalité, est métamorphosé par Hirst en un objet d’une valeur insensée, incrusté de diamants. Cette dualité entre le symbole de la mort et l’extravagance de la vie est une caractéristique notable de l’œuvre de Hirst. Le choix des matériaux, notamment le crâne humain et les diamants, renforce cette dualité et offre une interprétation contemporaine du memento mori. Le titre de l’œuvre, “Pour l’amour de Dieu”, fait écho à cette thématique de la vie et de la mort, en ajoutant une dimension spirituelle à l’œuvre.

Réception et interprétations de l’œuvre

L’œuvre “For the Love of God” a suscité de nombreux débats et a été largement commentée. Sa valeur totale, estimée à 106 millions de dollars, a contribué à sa notoriété. Considérée comme une des œuvres les plus chères jamais vendues par un artiste vivant, elle a été exposée au White Cube de Londres. L’utilisation audacieuse de matériaux précieux et le thème de la mort ont été interprétés comme une critique acerbe de la commercialisation de l’art contemporain. La sculpture est souvent perçue comme un memento mori moderne, une réflexion sur la mortalité et la vanité de la richesse.

Damien Hirst et la technologie : les NFT

Brûler ses œuvres pour en faire des NFT

En 2021, Hirst a initié une démarche audacieuse et controversée : la destruction physique de ses peintures pour leur transfert dans le monde numérique. Sous le projet “The Currency”, il a mis en vente 10 000 œuvres abstraites, chacune associée à un NFT (Token Non Fongible), une forme unique de cryptomonnaie. Les acquéreurs avaient alors le choix : conserver l’œuvre physique ou opter pour sa version numérique. En octobre 2023, Hirst a matérialisé ce choix en brûlant lui-même, dans sa galerie de Londres, les œuvres physiques correspondant aux NFT choisis. Cette démarche radicale, bien que critiquée, soulève des questions intéressantes sur la valeur et la pérennité de l’art à l’ère du numérique.

“The currency” : une expérience numérique innovante

En 2021, avec “The Currency”, Damien Hirst pousse l’innovation numérique à un nouveau niveau. L’expérience, à la croisée de l’art et de la technologie, propose un corpus de 10 000 œuvres, chacune doublée d’un jeton non fongible (NFT). L’originalité de ce projet repose sur un choix imposé aux acheteurs : conserver la version physique de l’œuvre ou la version numérique.

Une première dans le monde de l’art, qui a suscité une grande curiosité et un véritable engouement. Le succès de l’initiative se mesure à la fois par le nombre d’œuvres vendues (10 000) et par le montant généré (25 millions de dollars).

La préférence pour la version numérique a été majoritaire. En effet, 4 851 acquéreurs ont opté pour la version NFT, conduisant à la destruction de leurs équivalents physiques. Cette expérience soulève de nombreuses interrogations sur les notions de valeur et de pérennité de l’art à l’ère du numérique.

Damien Hirst : cote et marché de l’art

Un artiste parmi les plus cotés du monde

Damien Hirst se situe parmi les artistes les plus cotés au niveau mondial. Son oeuvre est diversement appréciée, certains considérant son travail comme un acte provocateur et d’autres le voyant comme une révolution de l’art contemporain.

Selon les estimations, le prix des œuvres de Hirst peut varier assez largement. Par exemple, une de ses peintures peut être vendue entre 880 et 910 000 €, tandis qu’une de ses sculptures peut atteindre jusqu’à 4 500 000 €. Cette variabilité témoigne de la forte demande pour ses œuvres, mais aussi de l’effet de ses démarches artistiques audacieuses sur sa cote.

Il faut noter que la cote de Hirst a connu des fluctuations significatives au fil des ans, avec une chute de 65% entre 2008 et 2010, après le succès de sa vente “Beautifull Inside My Head Forever”. Depuis, malgré des baisses occasionnelles, sa cote semble se stabiliser.

Cependant, la cote d’un artiste ne dépend pas seulement de la qualité ou de la popularité de son travail, mais aussi de divers facteurs tels que l’évolution du marché de l’art, les tendances actuelles et les préférences des collectionneurs. Dans le cas de Hirst, son penchant pour la provocation et son utilisation innovante de matériaux et de techniques ont contribué à maintenir son statut de figure dominante sur la scène artistique internationale.

Les ventes record de ses œuvres

Les ventes record de ses œuvres ont été nombreuses et ont atteint des sommets surprenants. L’œuvre “Lullaby Spring”, composée d’une armoire à pharmacie métallique contenant 6136 pilules faites à la main et peintes individuellement, a été vendue pour 19,2 millions de dollars par Sotheby’s en 2007. C’est un exemple frappant du succès commercial de Hirst.

Lullaby Spring – Damien Hirst – 2007 – AMAL Gallery Art Blog

En août 2007, “For the Love of God”, un crâne en platine recouvert de 8601 diamants, a été vendu pour 100 millions de dollars, créant un scandale dans le monde de l’art. Cette œuvre est devenue l’une des plus chères jamais vendues par un artiste vivant.

En 2008, Hirst a choisi de vendre directement aux enchères 223 de ses œuvres sans passer par une galerie, une démarche inédite qui a permis de récolter une somme impressionnante de 140,30 millions d’euros.

Ces ventes record témoignent de l’attractivité des œuvres de Hirst sur le marché de l’art, malgré – ou peut-être grâce à – leurs aspects controversés.

L’impact de ses provocations sur sa cote

Les provocations et les démarches audacieuses de Damien Hirst ont indéniablement influencé sa cote sur le marché de l’art. L’artiste, souvent critiqué pour ses œuvres controversées, a su créer un fort engouement autour de ses créations, alimentant ainsi leur valeur sur le marché. Cependant, cette stratégie a parfois eu un impact négatif sur sa cote.

  • La provocation comme facteur d’envolée des prix : Les œuvres provocantes de Hirst, comme le crâne incrusté de diamants “For The Love of God”, ont suscité un vif intérêt de la part des collectionneurs et des institutions artistiques, ce qui a contribué à augmenter considérablement leur valeur sur le marché de l’art.
  • Une cote en dents de scie : Cependant, certaines de ses démarches audacieuses ont pu provoquer une méfiance parmi les acheteurs et entraîner une baisse de sa cote. Par exemple, l’article du “Temps” indique que la cote de Hirst a souffert de sa surproduction et de son comportement provocateur, entraînant une baisse de ses ventes et de ses prix.
  • L’impact de ses démarches innovantes : Les initiatives innovantes de Hirst, comme le projet “The Currency” associé aux cryptomonnaies, ont créé un buzz dans le monde de l’art et ont contribué à maintenir son image de figure incontournable de l’art contemporain. Cependant, l’impact à long terme de ces démarches sur sa cote reste incertain.

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