Le 13 mars 2026, l’agence Reuters a publié « In Search of Banksy », une enquête qui affirme que Banksy s’appelle Robin Gunningham, né à Bristol, et qu’il vit depuis des années sous le nom de David Jones. Les avocats de l’artiste contestent. Banksy, lui, n’a ni confirmé ni démenti. Six semaines plus tard, il répondait à sa façon : une statue posée de nuit en plein Londres.
Nous avions consacré un article à la véritable identité de Banksy en 2024. Voici ce qui a changé depuis, ce qui est établi, et ce qui ne l’est pas.
L’enquête Reuters en bref
| Publication | 13 mars 2026, agence Reuters |
| Titre | « In Search of Banksy » |
| Auteurs | Simon Gardner, James Pearson et Blake Morrison |
| Conclusion | Banksy serait Robin Gunningham, originaire de Bristol, devenu David Jones |
| Réponse de l’artiste | Son avocat, Mark Stephens, conteste l’exactitude de nombreux détails |
| Statut | Hypothèse étayée, jamais confirmée par l’artiste |
Comment Reuters remonte jusqu’à Robin Gunningham
Le nom n’est pas nouveau. Dès 2008, le Mail on Sunday désignait déjà Robin Gunningham, un graffeur de Bristol. Ce que Reuters apporte, ce sont des documents.
Premier fil : New York, en 2000. Un homme est arrêté après avoir dégradé un panneau publicitaire sur un toit. Selon les archives de police et de justice consultées par Reuters, il signe ses aveux du nom de Robin Gunningham.
Deuxième fil : l’Ukraine, automne 2022. Plusieurs œuvres apparaissent sur des bâtiments bombardés, notamment à Horenka, près de Kiev. Banksy les revendique sur Instagram. Or, d’après les registres d’entrée consultés par les journalistes, un certain David Jones passe la frontière ukrainienne le 28 octobre 2022, avec la même date de naissance que Robin Gunningham. Il voyage aux côtés de Robert Del Naja, de Massive Attack, lui aussi originaire de Bristol, et du photographe Giles Duley.
Troisième fil : un témoin. Steve Lazarides, ancien manager et galeriste de Banksy jusqu’en 2008, a parlé à Reuters. À propos du nom de Robin Gunningham, il aurait répondu : « je l’ai tué il y a des années ». Une phrase qui ressemble fort à une confirmation du changement de nom.

Ce que l’enquête ne prouve pas
Il faut lire Reuters pour ce que c’est : un faisceau d’indices solide, pas un acte d’état civil signé par l’artiste. Mark Stephens, l’avocat de Banksy, a écrit à l’agence que son client conteste l’exactitude de nombreux détails. Et Banksy n’a jamais posé son nom à côté de sa signature.
Surtout, l’anonymat de Banksy n’a jamais été un secret absolu dans le milieu. Son entourage professionnel, lui, sait évidemment qui il est. Ce qui est protégé, ce n’est pas un nom : c’est un visage, et la possibilité de peindre un mur sans être arrêté.
La réponse de Banksy : une statue à Londres
Dans la nuit du 29 avril 2026, une statue apparaît à Waterloo Place, à deux pas de St James’s et des grands monuments militaires de Londres. Un homme en costume avance en tenant un grand drapeau. Le vent le lui rabat sur le visage : il marche à l’aveugle, déjà un pied hors du socle.
La signature « Banksy » est gravée sur le socle. Le 30 avril, l’artiste publie une vidéo de l’installation, et la BBC confirme qu’il en est bien l’auteur. Le conseil de Westminster installe des barrières et déclare l’œuvre accessible au public « pour le moment ». En septembre, il avait déjà dépensé plus de 60 000 livres en sécurité et en frais administratifs, et disait étudier toutes les options pour son avenir.

Le message tient en une image : le patriotisme aveugle. Et le timing est parlant. Six semaines après une enquête qui prétend lui retirer son masque, Banksy rappelle que ce qui compte, c’est l’œuvre, pas l’état civil. Installer une statue de nuit, sans être vu, dans l’un des quartiers les plus surveillés de Londres : l’anonymat, chez lui, est aussi une performance.

Banksy démasqué : qu’est-ce que ça change pour ses œuvres ?
C’est la question que l’on nous pose à la galerie. Notre avis, puisque c’est un avis : pas grand-chose sur le fond.
La valeur d’une œuvre de Banksy ne repose pas sur le mystère de son nom. Elle repose sur l’authentification. Depuis 2008, seul Pest Control, l’organisme créé par l’artiste, délivre les certificats qui permettent à une œuvre de circuler sur le marché. Un nom révélé ne change rien à ce verrou. Une œuvre sans certificat Pest Control reste invendable chez les grandes maisons, quel que soit le nom de son auteur. Nous détaillons les ordres de grandeur dans notre article sur la fortune de Banksy.
Ce que l’affaire rappelle, en revanche, c’est la règle d’or de tout achat en street art : une œuvre vaut ce que vaut sa traçabilité. Certificat, provenance, facture : sans ces trois pièces, une signature célèbre n’est qu’un dessin.
Le street art qu’on peut accrocher chez soi
Banksy a fait entrer l’art urbain dans les salles des ventes. Il a aussi ouvert la voie à des artistes qui travaillent pour l’atelier et pour le mur, avec les codes de la rue : bombe aérosol, pochoir, Posca, collage, slogans. C’est ce que nous présentons à la galerie, à Lyon.
- cObo, autodidacte du street art et du pop art, mêle collage, Posca et résine autour de ses cœurs et de ses têtes de mort.
- BY! peint de grandes toiles abstraites nourries du graffiti : sprays, coulures, pinceau, couleurs franches.
Chaque œuvre est une pièce unique, signée, livrée avec son certificat d’authenticité. Exactement ce qui manque aux faux Banksy qui circulent en ligne.
Si vous hésitez, notre guide pour acheter un tableau street art reprend les bons réflexes. Et pour voir l’ensemble des œuvres disponibles : nos tableaux street art.
Questions fréquentes
Qui est Banksy selon l’enquête Reuters ?
Selon Reuters, Banksy serait Robin Gunningham, originaire de Bristol, qui aurait changé de nom pour devenir David Jones. L’artiste n’a pas confirmé et son avocat conteste de nombreux détails.
Banksy a-t-il confirmé son identité ?
Non. Banksy n’a jamais confirmé son identité. Son avocat, Mark Stephens, a répondu à Reuters que son client contestait l’exactitude de nombreux éléments de l’enquête.
Où se trouve la nouvelle statue de Banksy ?
À Waterloo Place, dans le quartier de St James’s à Londres. Elle est apparue dans la nuit du 29 avril 2026 et Banksy l’a revendiquée le lendemain par une vidéo.
Une œuvre de Banksy vaut-elle plus depuis l’enquête ?
Rien ne permet de l’affirmer. La valeur d’une œuvre de Banksy dépend surtout de son authentification par Pest Control, l’organisme de l’artiste, et de sa provenance.
Où voir et acheter du street art à Lyon ?
À AMAL Gallery, 9 rue Puits Gaillot, Lyon 1er, du mardi au samedi. Vous pouvez aussi réserver une présentation en visio si vous êtes loin de Lyon.








